Document de l’Association cabindaise de Défense des Droits de l’Homme


La signature du cessez le feu entre l’Armée gouvernementale et celle de l’Unita en Angola, et son impact sur la problématique Cabindaise.


Le vingt-deux février de l’an deux milles deux marque le début d’une nouvelle ère dans l’histoire de l’Angola, la fin, certes d’une des plus sanglantes de l’histoire angolaise. La mort du leader de l’Unita, Jonas Savimbi s’en va rejoindre les co-signataires angolais des Accords d’Alvor qui ont conduit à l’indépendance de l’Angola, mais ayant aussi malheureusement scellé le sort macabre de l’enclave de Cabinda.

En effet, c’est du Cabinda que nous traiterons dans ce document en prévision de ce qui se complote contre le peuple cabindais au lendemain de la signature de cessez le feu entre les deux belligérants angolais.

Aujourd’hui, il n’est un secret pour personne que l’armée angolaise règne en Afrique Centrale et que les violations flagrantes des Droits de l’Homme ont toujours fait partie de son’’savoir faire’’ que ce soit en Angola ou au Cabinda qui souffre de son occupation.

La fin de la guerre en Angola annonce une lueur de paix pour les Angolais, mais inquiète certainement les cabindais qui vivent déjà le déploiement des troupes angolaises sur la terre de leurs ancêtres, lesquelles troupes étaient jusque là en opérations à Huambo, Bie et Moxico en Angola à la trousse de Savimbi.

Récemment, le ministre de l’Intérieur angolais, Fernando da Piedade a déclaré que le gouvernement angolais élaborait un plan de paix reposant sur des mesures d’ordre économique, social, politique et militaire. Il a tenu à signifier aux Dirigeants du front de Libération de l’enclave de Cabinda qu’ils avaient intérêt à collabore avec le gouvernement angolais, c’est ce que démontre ses propos lorsqu’il dit, nous citons :’’Nous estimons que nos frères du FLEC feront rapidement appel à leur bon sens, pour travailler avec nous, en vue de la résolution du problème de Cabinda par la voie pacifique, ce qui serait moins coûteux et moins douloureux et profitera a tous, a-t-il indiqué’’. Et dans la suite de son discours, il laisse apparaître clairement que le Cabinda est une province angolaise et que les Dirigeants du Flec devront s’inscrire dans le processus de paix en Angola et ce en ne laissant aucune possibilité de prétendre à une intelligence qui conçoive le Cabinda en dehors du cadre constitutionnel angolais. Ses propos laissent planer l’ombre d’une menace sérieuse sur le Cabinda.

Pire encore, le Président angolais dans sa déclaration lors de sa dernière visite aux USA déclare sans aucune gêne vouloir consulter les Angolais sur l’avenir du Cabinda dans la perspective d’une révision constitutionnelle en Angola. Pour votre lanterne, ce n’est pas pour la première fois que l’on décidera à la place des Cabindais de leur devenir, déjà en janvier 1975, lors des Accords d’ALVOR, les Angolais et les Portugais décident d’intégrer le Cabinda à l’Angola en violation du Droit des peuples à l’autodétermination, en violation du Traité de Simulumbucu de 1885 entre la couronne portugaise et les princes, notables cabindais.

Pour rappel, le protectorat du Cabinda date du traité de simulumbucu signé le 1er février 1885 entre les représentants du peuple cabindais et le Portugal, traité dans lequel le Portugal s’engage à maintenir l’intégrité territoriale du Cabinda. Ce Traité fut présenté à la conférence de Berlin, en 1885, par le Portugal pour faire prévaloir sa présence au Cabinda avec l’accord des chefs traditionnels Cabindais.

L’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), en 1964, sur sa liste des pays à décoloniser avait classé le Cabinda 39è alors que l’Angola était 35è. Mais en 1975 lorsque le Portugal octroie l’indépendance à l’Angola, il lui fait cadeau du Cabinda et ce en violation du Traité de Simulumbucu précité. Ce fut le 15 janvier 1975 lors des Accords d’Alvor conclu entre le Portugal et les mouvements de libération angolais.

A la suite de ces Accords, l’armée angolaise envahit le territoire cabindais, et ce fut la poursuite de la guerre de libération entreprise par les indépendantistes cabindais contre le colonialiste portugais.

Un quart de siècle ,jour pour jour la guerre sévit au Cabinda et la misère colle les Cabindais à la peau .Les bombardements des villages sont fréquents, voire avec l’usage des armes non conventionnelles face des indépendantistes sous-équipés. Depuis que le Gouvernement angolais a étendu son influence militaire et politique sur les seuls pays limitrophes du Cabinda, les réfugiés cabindais se sont vus contraints de quitter leurs camps après que plusieurs aient été tués, ou victimes de violences de la part des soldats angolais. Les réfugiés sont contraints au retour forcé dans un territoire où la misère, voire la mort les côtoient tous les jours.

De ce qui précède, l’Association Cabindaise de Défense des Droits de l’Homme lance un appel à la Communauté Internationale contre le projet machiavélique du gouvernement angolais qui vise une résolution définitive et unilatérale de la problématique cabindaise par les armes et ce avec l’intention de faire passer les mouvements indépendantistes cabindais pour des groupes terroristes, comme il en est devenu la stratégie depuis un temps sur la scène internationale. Et ici, nous en appelons au gouvernement américain qui a des intérêts pétroliers au Cabinda pour que ce dernier ne tombe pas dans le piège de la lutte contre le terrorisme dans laquelle le régime angolais voudra maquiller la lutte pour de libérations du front de libération de l’Enclave de Cabinda.

Nous rappelons à la face du monde que la motivation du plan d’intégration forcée du Cabinda est une suite logique du non respect du Droit des peuples voulu par les intérêts pétroliers, conséquence de l’implacable loi du commerce et des intérêts stratégiques des plus forts.
La souveraineté du Cabinda est indiscutable, le droit des peuples à l’Autodétermination est un Droit Fondamental.


Mundu Bunga Jacques Soares

Secrétaire Général
ACADDHO


MENU - INDICE